

Intervenante : Corinne Rondeau (maître de conférence en esthétique et sciences de l’art à l'Université de Nîmes).
L’œuvre de Raymond Depardon ressemble à une approche sensible du paysage dont la dernière série du Languedoc-Roussillon représente le moment le plus abouti.
Si le paysage est « la partie d’un pays que la nature présente à l’œil de celui qui la regarde », alors l’œil du photographe a converti le pays en paysage tel un peintre. À l’image du tableau de Courbet, La Vague, ces dernières photographies représentent des horizons invraisemblables où les profondeurs rencontrent la surface. En ce sens, la photographie comme la peinture n’accueillent pas le monde pour en donner une image mais l’image cherche à trouver les lignes de force d’une profondeur sensible du regard et font de ces photographies une surface de matière. L’hypothèse d’une sympathie de la photographie de Depardon pour la peinture nous conduira à exposer un regard singulier ou comme le déclare le photographe lui-même, « une quête du moi ».

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