

Intervenante : Maxime Scheinfeigel (Professeure à l’université Paul Valéry à Montpellier et auteure d’un monographie sur Jean Rouch éditions CNRS -2008)
« Le travail documentaire de Raymond Depardon, depuis Numéros Zéro (1977) jusqu’à Urgences (1988) relève du cinéma direct. Cela concerne presque tous ses films européens. En Afrique, il passe à la fiction tout en continuant le documentaire. Dans ses films dernière manière, La vie Moderne par exemple, autre chose advient qui s’éloigne notablement du cinéma direct, sans doute parce que Depardon est plus photographe que jamais. Il a besoin, semble-t-il, d’un tel regard pour inscrire au cœur de ses images la marque du temps qui passe et qui fait que l’histoire de chacun (celle des gens qu’il filme et la sienne tout aussi bien) s’engouffre dans l’Histoire du monde. Le même processus concerne la dimension purement filmique de ses images. Elles portent désormais en elles une conscience de l’histoire du cinéma documentaire. C’est mon hypothèse, elle concerne le style, elle instaure une esthétique singulière par laquelle le documentaire selon Depardon vise la beauté formelle qui est si souvent le rêve ou l’idéal de la fiction. Autrement dit, Raymond Depardon s’affirme comme un cinéaste de la maîtrise et de la durée parce que tout ce qu’il a fait auparavant se retrouve sublimé dans son œuvre actuelle. Question : Depardon est-il le dernier moderne ? Est-il un nouveau classique ? »
En collaboration avec le RIRRA 21 et le Département Arts du Spectacle de l’Université Paul Valéry Montpellier III.

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